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Lang revient dans sa ville natale aux portes du désert de Gobi. Alors qu'il travaille pour la patrouille locale chargée de débarrasser la ville des chiens errants, il se lie d’amitié avec l’un d’entre eux. Une rencontre qui va marquer un nouveau départ pour ces deux âmes solitaires.


"Plan général. Nous pourrions nous imaginer visionner un western sud-américain. Voir même une scène de film post-apocalyptique. En réalité, nous nous trouvons en plein cœur du désert de Gobi. Une tempête de sable se lève. Son souffle balaie cette vaste région au ciel infini, aux sommets vertigineux et aux saisissantes perspectives, magnifiés par ses fortes profondeurs de champ, ses rayons de lumière et ses éclipses solaires. Nous sommes en 2008, à la veille des jeux Olympiques de Pékin. A des milliers de kilomètres, nous rêvons de ce futur bonheur collectif qui nous emplira d’émerveillement et de grandes émotions. Mais à Chixia, cité défavorisée du nord-ouest de la Chine aux rues et théâtres sans vies et aux habitations abandonnées nous ne rêvons pas main dans la main, nous survivons, livré à nous-mêmes. Survivons seul à la famine, à l’insalubrité, à la maladie et à la violence. Et si l’occasion se présente, on s’envole vers de nouveaux horizons, en y laissant nos chiens sous les décombres. Alors, parce que tel un phénix on pense que la ville morte renaitra de ses cendres, le gouvernement chinois durci sa politique à l’égard des chiens. Tous les propriétaires devront déclarés leur chien, sans quoi il leur sera enlevé. Et pour faire face à la rage, tous les chiens errants devront être chassés de Chixia. C’est ainsi qu’en sortant de prison, Lang est engagé dans cette patrouille locale chargée de traquer ses intrus. Mais alors qu’il fait la connaissance de l’un d’entre eux, ils se retrouvent tous les deux forcés au confinement, car celui-ci serait suspecté d’être porteur de la rage…

Nait alors, entre ces deux âmes solitaires, la plus grande et la plus belle histoire d’amitié. Celle dont les silences et les gestes de tendresses n’ont pas besoin des mots. Dont chacun trouve en l’autre une lueur d’espoir en la sérénité, la tolérance, la paix et l’avenir. Parce que l’homme est capable du pire, mais au-delà de ça, il ne faut jamais oublier tout ce qu’il peut apporter de plus beau : l’amour.

Black Dog est un road movie caustique autour de l’animalité et de l’absurdité du comportement humain. Celui qui oublie chaque être vivant comme être vivant. Celui ou chaque individu délaissé et persécuté par le gouvernement chinois est prêt à tout pour l’argent, y compris à commettre les pires atrocités. Mais Guan Hu ne dénonce pas seulement les cruelles pratiques envers les animaux. Bien au-delà, il signe le réquisitoire de toute la puissance destructrice d’un régime : celui qui donne l’espoir à tous ceux qu’il ne considère pas. Comme les chiens livrés à eux-mêmes de Chixia sont destinés à mourir de faim, les habitants livrés à eux-mêmes de Chixia s’entretuent et périssent peu à peu.

Et pourtant, le tout dans une mise en scène qui ne tombe jamais dans le misérabilisme. Car Black Dog ne manque jamais de petites bribes d’ironie et de petite touche de burlesque, mais surtout de magie. Car derrière chaque mur, il y a un renouveau. Alors, tandis que certain observe les étoiles à travers un télescope, d’autres enfourchent leur moto, au côté d’un compagnon inattendu.

<< A tous ceux qui reprennent la route >> " - Camille, bénévole et Agente du Vox (groupe de jeunes de 15 à 25 ans)

  • Titre original Black Dog
  • Durée 1h50
  • Nationalité Chine
  • Réalisteur.rice(s) Guan Hu
  • Acteur.rice(s) Liya Tong, Eddie Peng, Jia Zhangke
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